Entraîner son corps et son esprit à s'adapter est à la base de toute performance. L'adaptation est dans notre ADN. Elle nous renforce. Le principe scientifique d'Hormèse fonde l'adaptabilité, permettant ainsi de performer physiquement comme mentalement.
Quand le stress devient chronique
Quand le stress devient chronique

Quand le stress devient chronique

Notre corps, par son système nerveux, est conçu pour réagir à toute situation imprévue causée par un agent stresseur. L’axe neuro-hormonal du stress est une réaction en cascade, dont la finalité est la production de cortisol. Cette hormone contient les potentiels dégâts du stresseur par ses différents bienfaits, notamment anti-inflammatoires.


La physiologie du corps humain est tout aussi bien adaptée, qu’elle sait parfaitement stopper la production du cortisol lorsque la déformation interne causée par le stresseur est terminée. 

Seulement, il s’agit de la théorie. Telle est la réalité lorsque notre corps est utilisé de façon optimale, ajustée à nos capacités. 

En pratique, vous avez déjà entendu parler de stress chronique. Au sens de la maladie, un élément chronique est ce qui dure longtemps tout en étant nuisible. Il s’oppose au terme ”aigu”, qui est l’unique forme de stress que notre corps supporte, et par laquelle il peut se renforcer.

Trois degrés d’intensité du stress. 
On découpe aujourd’hui le stress en trois familles d’intensité. Hans Selye, médecin hongrois, est celui qui a théorisé pour la première fois la notion de stress. Ses travaux de recherche majeurs suggèrent que le stress peut déclencher une phase d’alarme, de résistance, puis d’épuisement

La phase d’alarme est courte et intense. L’axe neuro-hormonal produit et libère les hormones de noradrénaline et d’adrénaline pour réagir, et passer à l’action. 

La phase de résistance est plus longue. Le corps se met à produire le cortisol pour s’y adapter. Ici, le niveau de résistance dépend grandement des capacités d’adaptation de l’individu. 

Si l’écart entre l’intensité de la phase et les capacités est trop important, l’organisme entre en phase d’épuisement. À ce stade, l’axe neuro-hormonal du stress produit toujours plus de cortisol – par les glandes surrénales – pour endiguer le processus. Le retour en arrière est difficile. 

C’est en entrant dans la phase d’épuisement que le stress devient chronique

L’incapacité à revenir au mode ”par défaut”. 
De manière assez simple, le stress devenu chronique a engendré un dérèglement de l’axe neuro-hormonal normal

Pour beaucoup d’individus, l’écosystème dans lequel nous évoluons aujourd’hui est de nature ”anxiogène”. La quasi-totalité de notre milieu de vie est concernée. 

Au travail, sur la route, sur les réseaux sociaux, dans la famille, les groupes d’amis. Pour certains, tout est source d’anxiété. Chaque phase du quotidien génère une inquiétude, mineure ou majeure. 

Pour l’individu moderne, cela signifie que tous ces éléments précités du mode de vie deviennent des potentiels agents stresseurs. 

Dès lors, chaque exposition à ces phases du quotidien va susciter une évaluation par le système nerveux central. Puis l’agent stresseur causera, bien souvent, une déformation. Pour fournir sa réponse, notre système déclenchera l’axe neuro-hormonal du stress. À chaque fois, du cortisol sera produit. 

Mais lorsqu’un système passe son temps à réagir, il finit par faire de cette phase de réaction son terrain principal. Très concrètement, un individu en stress constant est constamment dans l’axe neuro-hormonal du stress. Il sollicite une production ininterrompue de cortisol. 

À force de répéter de ce schéma, l’organisme n’est plus capable de revenir au mode ”par défaut”. L’organisme n’a plus le temps de revenir à la normale, puis de récupérer. 

Peu à peu, le mode sans analyse ni cortisol n’a plus sa place. Le stress est devenu chronique. 

L’accumulation excessive de phases d’alarme et résistance
Le stress chronique se caractérise par l’épuisement de l’individu, au quotidien. Pour en arriver là, trop d’expositions aux phases d’alarme et de résistance ont déjà été subies. Et ce, sans retour au mode « par défaut ».

Pour que l’axe neuro-hormonal du stress puisse demeurer efficace, il doit demeurer ponctuel. À défaut, le cortisol et les autres hormones (noradrénaline, adrénaline) deviennent la norme.

Par exemple, les récepteurs au cortisol de nos cellules perdent la sensibilité aux hormones corticostéroïdes – cortisol. 

Physiologiquement, le cortisol est produit en permanence chez un individu en stress chronique. Les glandes surrénales sont déréglées et produisent du cortisol sans demande du système nerveux. À l’inverse, elles sont incapables d’en produire quand la demande est réelle. 

En cas de chronicité avancée, l’hypothalamus ne parvient plus à transmettre l’hormone corticolibérine (CRH) nécessaire à la production de cortisol. 

Le système nerveux est le centre de commandes du mouvement, des interactions, des prises de décision. Par sa sur-stimulation due au stress chronique, il s’épuise et l’individu se vide de son énergie.

Toute phase du quotidien devient épuisante. Quand le seuil déborde, on parle alors de burn-out. 

Les causes sont multiples. 
Inévitablement, le stress chronique est la résultante d’une répétition d’évènements vecteurs d’inquiétude. 

Mais il n’y a pas que le travail. Selon chacun, le contexte géopolitique a bien des raisons de susciter de l’inquiétude, du stress. La guerre est omniprésente. Les conditions climatiques se dégradent année après année. 

L’écoute des médias nationaux nous incite à voir que tout va mal. Nombreuses sont les informations anxiogènes qui circulent.

L’évolution sociétale, avec la hausse de l’individualisme. La perte de traditions – religieuse, institutionnelle, familiale – qui raccrochaient les Hommes à une communauté, fait disparaître tout repère. D’innombrables cadres anxiogènes s’installent, assurément. 

Le cercle familial est aussi source d’angoisses quotidiennes : jugements, inégalité, devoir d’être à la hauteur des attentes parentales. Similairement, les injonctions de ”réussite”, de conformisme de la société ont un lourd poids. Pour beaucoup, ”réussir sa vie” obnubile l’existence entière. 

Un stress devenu chronique aura pris ses sources parmi ces multiples terreaux, fertiles à cela. Sa cause n’est pas isolée, mais multifactorielle. Dès lors, le stress chronique devient l’une des maladies majeures du 21ème siècle. 

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