Mon intérêt pour la physiologie grandit chaque fois que celle-ci m’offre une meilleure compréhension de l’être humain. Tous nos comportements, et notre fonctionnement général, relèvent d’un manuel d’utilisation bien défini.
Celui-ci est modulable et adaptable, pour nous permettre de nous renforcer en nous adaptant à notre environnement.
Dès lors, comprendre le manuel d’utilisation du corps devient un incontournable.
Le stress est un élément ultra-présent dans notre société d’aujourd’hui. Tellement répandu et associé à ces modes de vie urbains où le quotidien défile à toute allure, qu’on ne lui consacre pas même un temps de compréhension. On ne prend pas le temps pour appréhender ses mécanismes, et savoir comment il agit dans notre corps.
À l’instar de toutes les manifestations externes du corps, le stress s’explique pourtant par des processus physiologiques internes passionnants à étudier.
Nous pouvons tous comprendre comment se produit le phénomène de stress, et la manière dont il agit en nous. Il suffit d’ouvrir son propre manuel d’utilisation du corps au chapitre du stress et de la neuro-endocrinologie.
Je l’ai étudié, et il m’a fasciné. Dans cet écrit, je vais donc vous transmettre le savoir incontournable autour du stress.
Si votre stress est un fardeau, cet article contribuera à éclairer certaines voies de changement. Parce que toute étape préalable à la guérison d’un mal est nécessairement sa compréhension.
Dans mon travail pour re-qualifier la notion de stress, je mentionnais l’étape préalable d’évaluation du système nerveux central. Lorsque celui-ci conclut que l’agent stresseur est un danger dépassant nos ressources, il enclenche une réponse neuro-hormonale (ou neuro-endocrinienne).
L’objectif est de contrecarrer les effets de l’agent stresseur, et préparer un retour à l’équilibre normal. En ce sens, l’axe neuro-hormonal est ni plus ni moins une manifestation du principe d’homéostasie – la recherche d’équilibre du corps.
La réponse neuro-hormonale du système nerveux.
Entrons désormais dans le véritable axe neuro-hormonal du stress. Notre cerveau fournit une réponse hormonale et nerveuse à l’agent stresseur.
Pour rappel, une hormone est une molécule produisant une réaction chimique. Elle est créée et libérée par un organe, ou une glande et destinée à agir dans une zone spécifique du corps ou du cerveau.
L’hormone transite par le sang de la zone émettrice pour aller agir sur la la zone réceptrice (organe, cerveau).
Pour comprendre ce qui nous arrive intérieurement en cas de stress, cela revient à étudier la réaction par les glandes et organes impliquées, les hormones libérées et l’interaction du tout.
L’agent stresseur met en alerte l’hypothalamus – groupe de neurones du système nerveux central – qui produit et libère l’hormone CRH (corticolibérine).
En parallèle, les glandes surrénales (au dessus du rein) libèrent l’hormone d’adrénaline (épinéphrine). L’adrénaline se diffuse dans le corps via le sang pour préparer le corps à réagir à l’agent stresseur.
Ainsi, l’adrénaline enclenche des mécanismes concrets d’adaptation en augmentant la vigilance du cerveau et la fréquence cardiaque, faisant circuler plus de sang pour réagir.
Aussi, l’adrénaline ouvre davantage les voies respiratoires, pour nous permettre de mieux respirer et recevoir plus d’oxygène.
La corticolibérine (CRH) libérée par l’hypothalamus transmet le message à l’hypophyse – glande située sous ce dernier – qui passe aussi en alerte.
L’hypophyse produit l’hormone ACTH (corticotrope). Cette hormone corticotrope agit sur les glandes corticosurrénales. Le rôle de ces glandes est la production de la fameuse hormone cortisol.
Tout cela, en quelques fractions de secondes. Le but final de ce processus est la libération de cortisol.

Source : Associationsurrenales.com
Le cortisol est essentiel pour répondre à l’agent stresseur. Cette hormone, célèbre comme ”hormone du stress”, nous permet d’avoir plus d’énergie face au stresseur, car elle libère le glucose du foie.
Son rôle est aussi anti-inflammatoire, ce qui va protéger les zones du cerveau des dommages du stress.
Enfin, le cortisol agit sur les zones du cerveau responsables de la mémoire, pour que l’on puisse se souvenir du stresseur et la réaction apportée, afin de se prémunir d’une action future. Ainsi, le cortisol modifie la structure du cerveau.
L’amygdale – région du cerveau responsable de la réponse face à la peur – a des récepteurs qui perçoivent le cortisol. De fait, il est physiologiquement explicable qu’un agent stresseur externe puisse nous faire ressentir de la peur.
L’axe hypothalamus – hypophyse – glandes corticosurrénales est donc notre bouclier face à tout agent stresseur du quotidien, qui se met en branle pour libérer du cortisol.
C’est l’hormone de cortisol qui agit principalement sur le corps et le cerveau pour traiter les dégâts inhérents à la déformation par l’agent stresseur.
Les hormones corticolibérine (CRH) et corticotrope (ACTH) sont les précurseurs indispensables pour produire le cortisol.
L’hormone d’adrénaline agit aussi en rôle de soutien immédiat, comme première réponse avant la libération du cortisol.
Quand cette réaction s’arrête-t-elle ?
Notre physiologie est tout aussi magique en ce qu’elle prévoit les mécanismes pour mettre fin à la production de cortisol, quand l’épisode de stress est passé.
En effet, l’hormone corticotrope (ACTH) une fois produite, envoie un message d’inhibition à l’hypothalamus. Le cortisol agit identiquement sur l’hypothalamus, et sur l’hypophyse.
Très concrètement, le cortisol indique à l’hypothalamus et l’hypophyse qu’il faut interrompre leur production d’ACTH et CRH, pour que cela stoppe la production (de cortisol) par les glandes corticosurrénales.
Plus de CRH ni ACTH produite, signifie plus de cortisol libéré. C’est ce que l’on nomme une boucle de rétroaction. Elle est essentielle que le cortisol ne soit plus libéré dès lors qu’il n’est plus nécessaire dans l’organisme. Autrement, il devient délétère. Nous le verrons, c’est ce qui se produit lorsque le stress devient chronique.
Une réaction physiologique saine à dose modérée.
L’axe neuro-hormonal du stress démontre à quel point notre physiologie est prévue pour réagir à ces agents stresseurs.
L’environnement dans lequel nous évoluons est instable et incertain. Et il a toujours été ainsi. L’incertitude a forgé l’Homme comme espèce la plus évolué du règne animal.
Dès lors, ce mécanisme adaptatif nous permet de nous renforcer face à l’incertitude de l’environnement.
En ce sens, des doses modérées de stress sont bénéfiques, et même à rechercher. Un lien évident est à opérer avec les pratiques de l’Hormèse – bain froid, exercice physique, respiration, jeûne – qui sont des agents stresseurs pour l’organisme.
En matière d’Hormèse, c’est exactement le même axe neuro-hormonal qui opère. La contrainte qu’ils exercent sur l’organisme l’incite à libérer du cortisol.
Nous utilisons les outils de l’Hormèse pour pousser l’organisme loin de l’équilibre. Ses efforts pour revenir au point d’équilibre, et le dépasser, constituent la zone de renforcement.
Toutefois, l’axe neuro-hormonal du stress ne peut fonctionner en continu. Le corps s’affaiblit lorsque cet axe est sur-sollicité, et il ne parvient plus à revenir à l’équilibre.
En pareille situation, l’organisme n’est plus capable de stopper la production de cortisol. C’est qui se produit lorsque le stress devient chronique. Je vous invite à lire l’article associé pour comprendre les effets délétères du stress chronique.
Ces écrits distincts servent l’étape préalable – mais nécessaire – à la guérison du stress : la compréhension de son fonctionnement. Puissent-ils, je l’espère, vous y conduire.