Très présent dans le quotidien de tous, le café est un incontournable du matin. Par la présence de la molécule de caféine, on qualifie à juste titre le café d’excitant.
Pour cause, la biochimie du corps humain réagit particulièrement à cette molécule présente dans le café. Dans l’étude de la physiologie, on décèle que la caféine maintient les neurones du cerveau à un niveau d’activité élevé. Et ce, pendant un certain temps.
C’est ainsi que bon nombre d’entre nous limitent leur consommation de café en nombre, ou dans la temporalité de leur journée. Car si l’effet excitant est l’objectif principal de sa consommation, cette caractéristique due à la caféine peut venir jouer l’effet boomerang lorsqu’il s’agit de trouver sommeil.
Les interactions de la caféine avec notre physiologie ne sont pas sans conséquence. À cet égard, le rapport caféine-sommeil n’est pas fécond.
Étudions d’abord quelques rouages physiologiques du sommeil. La phase d’endormissement est impulsée par une autre molécule : l’adénosine.
Cette molécule est produite et libérée par le métabolisme cellulaire (nos cellules), au niveau des neurones du cerveau. Sa production est régulière et progressive au fur et à mesure de la journée. Lorsque ses quantités deviennent importantes dans le cerveau à la fin de la journée, elle vient inhiber l’excitation des neurones. Tel est son rôle premier.
Pour cette raison, nous devenons moins alertes lorsque « la fatigue tombe » et ce n’est plus le moments des grandes réflexions.
Après une bonne nuit de sommeil, les stocks d’adénosine dans le cerveau sont vides. Ils se remplissent ensuite peu à peu au cours de la phase d’éveil, et atteignent de nouveau leur maximum le soir venu.
À ce stade, retenez-bien que cette molécule d’adénosine créé en nous une « faim de sommeil« . La durée pendant laquelle nous restons éveillés conditionne la quantité d’adénosine produite par nos cellules du cerveau. Généralement, c’est après 10h-15h d’éveil que les niveaux de la molécule atteignent un pic dans le cerveau.
Il nous a éternellement été répété que la prise de café à des heures tardives de la journée pouvait perturber le sommeil à venir. C’est vrai, car dans notre physiologie la caféine vient perturber l’adénosine.
Le café est un excitant. Une partie de la réponse se trouve donc ici. La molécule de caféine contenue dans le café perturbe de nombreux neurotransmetteurs du cerveau. Pour cause, elle entraîne une hausse anormale de production de dopamine et de sérotonine. Ces hormones produites dans le cerveau sont responsable de l’excitation et impulsent le passage à l’action. C’est la première explication de l’effet excitant du café.
Par ailleurs, la molécule de caféine, lorsque nous la consommons, a des comportements bien précis dans l’organisme. Le plus conséquent : la molécule de caféine vient occuper les récepteurs neuronaux prévus pour l’adénosine.
En présence de caféine, les molécules d’adénosines produites pour favoriser l’endormissement ne peuvent se lier à leurs récepteurs neuronaux. Ces molécules deviennent donc inactives.
Initialement, l’adénosine inhibe l’activité des neurones. Dès lors que ses molécules ne peuvent agir, l’inhibition est interrompue. L’effet de fatigue est bloqué par la caféine.
Ainsi, la caféine ”opère” insidieusement en prenant la place de l’adénosine, empêchant de réduire l’excitation des neurones. Alors même que ce paramètre est le préalable fondamental à l’endormissement.
Concrètement, la prise de café perturbe notre passage à la phase ”sommeil« . Voici en quoi le café est un excitant.
Pendant combien de temps cet effet est-il observable ?
Les différentes études scientifiques ont conclu que l’effet de la caféine sur l’adénosine intervient jusqu’à 6 à 12h après la prise du café. Mieux vaut se montrer prudent, et retenir que le café agit sur le cerveau jusqu’à 12h après sa prise.
Dès lors, ce principe de précaution conduirait raisonnablement à limiter sa consommation de café au matin. L’heure de coucher déterminera ensuite dans quelle mesure la limite peut-être ajustée.
Prudence est mère de sûreté. Arrêter sa consommation de café après 10h est un idéal. En cela, cette habitude sera une chance supplémentaire de s’assurer un endormissement optimal.
Certains individus relèveront cependant une absence d’effet de la caféine à leur égard. Il semble que la majorité d’entre eux auront atteint un niveau de consommation tel, que leur organisme se montre à présent insensible à la molécule de caféine. Pour une minorité, soit 10-15%, la caféine n’aura simplement pas ces effets majeurs sur ce cerveau que je vous ai présenté.
Quoi qu’il en soit, il apparaît important d’être au fait de ce mécanisme physiologique, tant la puissance et les effets de la caféine sont importants pour la plupart d’entre nous.
Tout individu qui connaît des problèmes d’endormissement ou de sommeil pourrait, entre autres changements, ajuster sa consommation de café au regard de ses impacts décrits.
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