Entraîner son corps et son esprit à s'adapter est à la base de toute performance. L'adaptation est dans notre ADN. Elle nous renforce. Le principe scientifique d'Hormèse fonde l'adaptabilité, permettant ainsi de performer physiquement comme mentalement.
Le dilemme de la vérité
Le dilemme de la vérité

Le dilemme de la vérité

Le paradoxe majeur de l’être humain se situe probablement sur son rapport à la vérité. C’est en tout cas un constat inévitable de l’être humain moderne. Ce qui apparaît comme l’évidence sous nos yeux est visible, mais refoulé par nos contemporains.


Croire qu’il n’y a qu’une seule vérité est bien souvent illusoire, de même que prétendre la détenir est prétentieux, sinon simplement absurde. 

Cependant, certains éléments du quotidien peuvent s’apparenter à une forme de vérité. Comme une lecture objective et réfléchie de ce qui défile sous nos yeux. Voilà la forme de vérité qui nous intéresse ici : celle qui est observable, en constatant le réel tangible

Prenons un exemple commun (et déjà vécu) : je croise un homme dans la rue dévorant un donut au chocolat, qui est en surpoids chronique. Qui plus est, cet homme fait la queue pour acheter une bouteille de coca.

À ce stade, la vérité observable du réel est que l’alimentation de cet homme est en partie responsable de son surpoids chronique visible. Ses actes engendrent ce qu’il est devenu, tel qu’il m’apparaît à cet instant. Et dans un pareil cas, faire une généralité n’est pas un risque démesuré.

À cette forme de vérité, l’ Homme du 21ème siècle est résolument hostile. Aujourd’hui, on aime se mentir à nous-même et attendre des autres qu’ils nous confortent dans cette fausse vérité.

Dès lors, vouloir exprimer la vérité que l’on constate de nos yeux n’est pas une tâche aisée de nos jours. Elle est rarement bien accueillie.

Pourtant, la vérité est ce qui nous fait avancer. La vérité constitue le regard de l’Autre, porté sur notre propre situation. Elle peut constituer un compte-rendu extérieur de ce que nos actes renvoient, là où notre propre regard ne parvient à déceler ni erreur, ni réussite. 

Autrement dit, on ne peut être objectif vis-à-vis de soi-même. Que ce soit à l’égard de nos actes, de nos paroles, de nos influences ou ce que renvoie une apparence. Ainsi la vérité est l’expression condensée de ce que l’on renvoie à l’Autre, au monde. 

Seulement voilà, connaître la substance de cette vérité s’avère souvent nécessaire pour ajuster nos actions vers notre progression. Se rendre compte que l’on a fauté, que l’on fait fausse route ou que l’on réussit grâce à nos actes passe souvent par une confirmation extérieure

C’est tout l’intérêt de l’expression de la vérité. Celle-ci passe nécessairement par un agent extérieur à nous-même: l’Autre

Bien sûr, une telle démarche implique de l’honnêteté et une forme de jugement de valeur par l’Autre. Celui qui reçoit doit concéder la vérité avec humilité, et ainsi enclencher la remise en question. Lorsque cela est pratiqué avec pureté et respect, tout le monde en ressort gagnant.

Dès lors que quelqu’un m’indique un acte ou propos inapproprié vis-à-vis de moi-même, mes objectifs ou des autres, je le prends en compte. Je peux ainsi corriger le tir, réajuster les actes pour m’aligner avec ce que je recherchais initialement.

Dès lors, je m’améliore et m’élève vers un niveau supérieur. C’est ça tout l’intérêt de communiquer la vérité, en principe.

En pratique cependant, notre monde actuel est rempli de complexités qui brident ce processus. Il semble que les individus de la société moderne n’aiment pas bien entendre la vérité. Ils n’aiment pas recevoir une copie leur expliquant les causes des conséquences qu’ils subissent.

Pourquoi ? Sans doute, car cette vérité les érige en responsable de ces causes. Dès lors, cela sous-entend qu’ils seraient responsables des conséquences qu’ils subissent, et dont ils se plaignent. 

Ici, nous touchons du doigt une des contradictions psychologiques les plus préjudiciables pour l’Homme du 21ème siècle : la responsabilité de ses actes

Sans faire le procès de la deresponsabilisation qui règne aujourd’hui, il est nécessaire de donner à la vérité la place qu’elle mérite. Vu sous le prisme idéal, la vérité émane des uns pour aider les autres à s’améliorer. Tel un cercle vertueux.

Mais aujourd’hui, la vérité est perçue sous l’oeil de la critique et de la dévalorisation. Elle serait vectrice de méchanceté. C’est ainsi que la société jugera malveillant et inapproprié de suggérer à un individu en surpoids de changer son alimentation et son mouvement, s’il veut se transformer. 

Pourtant, rien n’est plus vrai ici. Quiconque a étudié les rouages de la physiologie, de la nutrition et de l’éducation physique sait ô combien ces leviers sont puissants en matière de santé.

Sport et alimentation sont les meilleurs boucliers face à la prise de poids et au surpoids. Plus qu’une vérité scientifique, tout un chacun peut en faire l’expérience sur soi, au quotidien. Et nous avons tous un exemple à ce sujet dans notre entourage.

Force est de constater que les individus ont peur de recevoir la vérité. Et ce, car ils font l’écueil de la percevoir comme une critique rabaissante, au lieu de la prendre pour ce qu’elle est : un tremplin d’amélioration.

Exprimée avec bienveillance et objectivité, la vérité devrait être salvatrice, puisqu’elle consiste en l’étape fondamentale du changement. 

Plus largement, la vérité fait peur puisqu’elle renvoie à deux processus coûteux pour le cerveau humain : la responsabilité et le changement. En effet, s’entendre dire que nous sommes responsables des conséquences dont on se plaint, renvoie à disqualifier nos actions qui y ont menées.

Très simplement, cela revient à dire ”tu as agi comme ça, c’est pour ça que tu te retrouves dans cette situation”. C’est ni plus, ni moins objecter à l’individu qu’il est responsable de ses maux. En 2026, ce postulat passe malheureusement très mal. 

C’est pourtant vrai, nous ne récoltons que ce que nous avons semé, pour le meilleur et pour le pire. Et se convaincre de l’inverse revient à accuser l’Autre de la situation que l’on subit soi. C’est psychologiquement fallacieux, et moralement injuste. La responsabilité de ses actes doit être remise au coeur. 

Ensuite, si tant est que la vérité est acceptée, elle devra impliquer du changement pour qui la reçoit. Car l’analyse de la vérité permet d’extraire à la fois la cause et la conséquence. 

Dire à son collègue en surpoids qu’il doit arrêter de commander un burger chaque midi et préférer la marche pour venir au travail plutôt que le bus, en est un exemple. S’il souhaite résoudre son surpoids, évidemment. En pareille hypothèse, nous lui avons exprimé la cause de ses maux, en la reliant à la conséquence dont il se plaint : le surpoids. 

Pour tirer profit de la vérité reçue, ce collègue devra impulser du changement. Agir différemment. Modifier ses habitudes de vie. Tout ce qui constituait les réflexes de son cerveau, comme les fondations de sa zone de confort.

C’est cela qui est coûteux pour le cerveau humain : changer ses mécanismes de pensée. C’est un fait, que les études neuroscientifiques ont appuyé de longue date. 

Mais comme le disait Albert Einstein ; « la folie, c’est de faire toujours la même chose, et de s’attendre à un résultat différent. De ce point de vue, la vérité vient mettre un coup de pied dans cette fourmilière. 

Finalement, exprimer la vérité a pour unique vertu que de rendre service à l’Autre. En ce sens, chaque individu devrait la prendre pour ce qu’elle est, et non pour ce qu’elle nous renvoie.

Analyser, puis prendre la part de responsabilité qui est la nôtre. Enfin, impulser les changements qui s’imposent.

Lorsque nous récolterons les bienfaits de cette évolution, n’oublions pas de remercier celui à qui on la doit : l’Autre, qui nous a exprimé la vérité. 


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